Samedi 25 avril 2009
Je ne vais pas bien. D'abord car je ne parle jamais des choses qui me tourmentent. Elles ne vivent que dans ma tête. Je suis réservé, et ce depuis toujours. Mais allez dire ça à un de mes amis, il ne vous croira pas. Je ne suis pas moi même.
Vous me diriez peut-être que nous sommes tous des hypocrites. Et pourtant, ça ne tourne pas rond. Personne ne peut cacher indéfiniment
ce qui importe ... Et c'est pour cela que j'ai besoin d'écrire et d'être lu. Pour ne pas devenir fou.
Pourquoi choisir internet ? Parce que je n'arrive pas à parler autour de moi. Parce qu'il me faut de la distance, et du recul, j'ai besoin d'écrire plutôt que de parler. Et surtout, je préfère ne pas vous connaître, ne pas vous regarder. Bienvenue quand même !
Par legoloum - Publié dans : Moi
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Dimanche 26 avril 2009
Elle avait des difficultés pour respirer depuis au moins trois semaines. Elle repoussait toujours le rendez-vous chez le médecin.
Je me suis réveillé durant la nuit, la lumière du couloir était allumée. J'ai entendu quelqu'un passer. Mais, je me suis rendormi sans me poser de question.
A mon réveil, la porte s'ouvrit et je me redressai. J'aperçus trois pompiers, dont une femme il me semble. Ils s'avancèrent vers moi. C'était si étrange. Et la femme me dit doucement : "nous sommes là parce que votre mère est décédée". Après un silence, je répondis :
" - Ma grand-mère ?
  - Non, votre mère.
  - Ah, soupirais-je, d'accord."
Je restais quelques secondes, le regard dans le vide, avant de continuer " Eh bien, je vais me lever."
Je me levai donc, et les pompiers me suivirent avec la peur que je m'évanouisse. Je m'avançais lentement, prenais l'escalier sans un mot. Je m'assis dans le fauteuil en osier de la salle à manger. La famille et les proches étaient là. Ils parlaient. Tout le monde était choqué.
Moi, assis et silencieux, je ne pouvais penser à rien. Hormis une voix incontrôlable me disant que c'était mieux comme ça. Comment pouvais-je penser ça ? Pourquoi avais-je dormis durant cette nuit et pourquoi ai-je aussi bien dormi le soir suivant ? Pourquoi fus-je le dernier de la famille à voir le corps de ma mère, bien après les autres ? Après des gens que je connaissais même pas. C'est simple, je n'avais pas pris conscience de ce qui était arrivé. J'étais vidé, je ne pouvais que répondre aux gens, mécaniquement, sans vraiment penser.
Même quand j'ai vu le corps. Je ne ressentais rien, exceptée une certaine appréhension et toujours ce vide. Mes tantes disaient que ma mère "ressemblait", semblait presque vivante grâce au travail des pompes funèbres. Je n'étais pas du tout d'accord. Encore aujourd'hui, je trouve cela absurde. Un corps sans vie n'a aucune expression. C'est comme un meuble, avec le "sacré" et le respect qu'on lui doit. Rien. Ce n'est pas que je n'y croyais pas, ou ne voulais pas y croire. Seulement, je ne pouvais rien ressentir.
Ce n'est qu'à la cérémonie. Par le fait de se rassembler, avec la musique, le discours et le simple fait d'être là. Alors je pris conscience du drame. Je passai d'un solide dur et creux à un liquide, désintégré, dissous mais enfin vivant. Je ne cessais de sangloter et à ressentais une profonde tristesse. Pour aller à l'enterrement, il fallut que je marche pour prendre l'air.
Si la mort est sacrée, c'est parce que prendre conscience de la mort, dans ce qu'elle a de plus concret, est tellement difficile qu'elle nécessite un rite et une communion. Cela permet de continuer à vivre. Mais ce n'est pas suffisant. "Rien ne suffit". Il n'y a pas de raison derrière la mort, on meurt et c'est tout.
Par legoloum - Publié dans : Moi
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Lundi 27 avril 2009
Mon père était malade depuis des années déjà, bien avant la mort de ma mère. Une congestion cérébrale avait entrainé une aphasie. Il avait perdu les liens entre les mots et les choses. Au début, il pensait des choses en prononçant d'autres mots et ne comprenait pas les mots. Il n'avait jamais retrouvé toutes ces capacités. En fait, le cerveau se fatiguait vite, et il ne pouvait plus attraper les mots et les phrases aussi facilement qu'autrefois. Il souffrait de son état, de la perte de sa femme, puis de sa mère. Mais il en parlait très peu.
Il m'est arrivé de faire des rêves dans lesquels ma mère était vivante mais dans lesquels mon père, lui, était mort. Etranges rêves, pour quelqu'un qui rêve si peu. Signe, intuition ? Non, tout cela n'était pas rationnel. Ça ne voulait rien dire.
D'aileurs, je les fais encore aujourd'hui.
Mais bientôt, la santé de mon père déclina. Sans doute avais-je senti quelque chose. Rien d'alarmant au début, car personne n'est jamais au meilleur de sa forme. Mais il allait de moins en moins à la ferme pour travailler. Moi, à ce moment là, je préparais le bac. En fait, non. Excepté pour l'histoire-géo et un peu la philo et les maths. Car j'étais trop feignant et le bac trop facile.
Nous nous sommes inquiétés en mai et en juin. Mon père commençait à perdre ses repères temporels. Par exemple, se croire le matin, alors qu'on est le soir et agir en conséquence. Par exemple, en voyant la pendule à 6h, il prenait son bol et déjeunait. Je ne vois pas vraiment l'intérêt de vous donner des détails. De plus, il dormait beaucoup. On alla voir le médecin généraliste du village qui diagnostiqua une dépression. Ce n'était pas complètement idiot étant donné son passé - je sais, je suis gentil. Et les séquelles de sa congestion ne pouvaient pas améliorer les choses. Nous lui fîmes confiance. Mais rien n'expliquait la perte de repère.
J'étais le plus proche de mon père à cette époque. Je restais avec lui à la maison car j'étais en vacance. On me disait que ça irait mieux et qu'il pourrait faire la moisson. Mais je n'y croyais pas une seconde, il allait trop mal et de plus en plus mal. Je voyais plus que quiconque la réalité des choses. J'espérais que ça s'arrangerait, mais je ne faisait rien. Qu'aurais-je pu faire ? Je sentais que quelque chose clochait. Mais, j'étais jeune. Je n'avais pas conscience que ça pouvait être plus grave, que le médecin avait pu se tromper. Ou bien, je ne voulais pas le voir.
L'été se passait comme je m'y attendais. Aucune amélioration. Jusque vers la fin août, quand mon père fit une crise d'épilepsie. Ce n'était pas la première, il en avait déjà fait à cause de sa congestion. Mais il en fit une autre, juste avant la rentrée. C'était un dimanche, durant le mois d'août. Les pompiers arrivèrent vite, mais mon père resta une heure devant la maison car l'hôpital ne voulait pas utiliser un lit pour rien. Pour une petite crise d'épilepsie. Je peux comprendre, c'est rationnel mais irresponsable.
Foutu numerus clausus. Foutu système de santé, hôpital publique. Infinie bêtise humaine... La médecine est la discipline la plus difficile, qui demande le plus de travail et d'intelligence. Pourtant, beaucoup d'entre eux sont des cons. Je ne l'explique pas.
Quelques jours plus tard, la médecin de l'hôpital ( sans doute une expatriée sous-payée, heureusement qu'elle est là ! ) nous demanda de la suivre, moi, mon frère et mon oncle. Sans détour elle nous annonça que mon père avait une tumeur au cervau. Elle nous montra les images du scanner. Mon frère et mon oncle étaient sans voix. Je demandai si il y avait des métastases. Elle me répondit qu'elle ne savait pas. Je savais que les métastases étaient très dangereuse. On lui enleva la tumeur. Elle était tellement grosse que le vide qu'elle laissait sur le crâne de mon père faisait peur. Mais mon père alla beaucoup mieux et j'avoue que cela me surpris.
Cependant, un ou deux mois plus tard, son état recommençait à décliner. Il ne s'améliorerait plus jamais. A la fin de l'année, il fit des séances de rayons. Puis, on arrêta tout traitement. En fait, c'est à partir de cette période que mon oncle nous cachait que son frère était condamné. Et ça a duré des mois. Son cerveau était rempli de métastases, il n'y avait absolument aucun espoir.
Les mois passèrent. Son état empira encore en quelques jours. Alors, il ne réussit plus à faire la vaisselle, seule chose qu'il faisait encore, excepté prier. Je ne vous donne pas les détails. Je pleurai devant lui par désespoir et par impuissance. Et le lendemain, il s'effondra pour rentrer dans un " semi-coma".
La semaine suivante, mon oncle m'avoua la vérité
au téléphone. Ce n'est qu'à ce moment là que je compris qu'il allait mourir. Avec le recul, je me dis que j'avais tous les éléments pour comprendre des mois avant. Mais je ne réfléchissait pas. L'arrêt de tout traitement, de toute analyse. La détérioration continue de son état, alors que j'étais aux premières loges. Pour moi c'est clair. Inconsciemment, j'ai refusé de voir la vérité et je n'ai pas cherché à la connaître. Sans doute était-ce mieux puisqu'il n'y avait absolument rien à faire.
Le "semi-coma" se changea en "coma" et ça dura trois mois jusqu'en Juillet. Je n'allais pas souvent le voir. Je ne savais pas quoi faire, quoi dire... ça ne servait à rien. Ma tante, très courageuse, y alla régulièrement. Je me souviens qu'un jour, elle réagit à quelque chose que j'avais dit par : " mais il n'est pas mort". Je n'ai rien répondu. Il était techniquement en vie. Mais il ne pouvais plus bouger, plus parler, et vu que son cancer avait colonisé tout son cerveau, je me demande vraiment comment il aurait pu avoir une pensée. Vous me direz qu'il avait encore une âme, un souffle de vie. Je pense que c''est ce qu'il croyait. Et il croyait même vivre après la mort. Personnellement, je n'y crois plus. Qu'est-ce vivre quand on ne peut pas agir sur le monde ? Quand on ne peut ni sentir, ni penser ? Et quand il n'y aura pas de réveil ?
Pourtant, à l'enterrement je pleurais encore. Comme à celui de ma mère. Il est si difficile d'accepter la mort d'un proche et la mort tout cours. Un jour, c'est fini et il n'y a rien d'autre. L'univers continue d'exister. Mais pour nous, il n'y a rien d'autre que cette vie précieuse mais parfois si misérable.
Par legoloum - Publié dans : Moi
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Mercredi 29 avril 2009
C'était en septembre, moins de deux mois après la mort de mon père. Je rentrais ! Nous étions dans le jardin près du lycée pour fêter ça. Et, en tant que deuxième année, nous avions en charge d'intégrer les nouveaux arrivant. Pensez-vous, c'était bête, mais pas méchant.
Le ciel était capricieux. Il nous donna une de ces pluies d'été, chaude et éphémère, des seules qui soient agréables. Mais suffisamment violente pour que la foule d'étudiants courût s'abriter sous les grands arbres. Je m'arrêtai et me retournant, je la vis. Ce fut cet instant. Elle était trempée, ces joues maquillées au feutre par un nouveau revanchard. Ces cheveux blonds frisaient comme pour montrer leur vraie nature. Je croisais alors ces yeux bleus un bref instant, puis détournai le regard.
Mais je ne lui ai jamais rien dit. Je ne pouvais rien lui dire. C'était le début d'un ans de folie. Je pensais à elle sans cesse. A l'école, en voyant son visage ou en entendant sa voix. Avant de m'endormir le soir, dans l'obscurité et le silence. En marchant seul dans la rue, ou dans le bus. En regardant le ciel, ou la campagne. Sans raison, pendant des heures. Et même l'année suivante, alors que je ne la voyais plus, je pensais encore à elle. Mais je n'ai rien dit à personne, ou presque. Et ça me mangeait. Depuis le temps, je l'ai oubliée bien sûr. Mais parfois, comme en ce moment même, je pense à elle. Je me dis que ça aurait dû arriver maintenant, et que ça aurait pu exister.
A l'époque, je ne savais pas pourquoi je ne pouvais lui avouer mes sentiments. Je me suis mis à chercher des raisons. Elles paraissaient évidentes. Elle n'était pas seule. Je ne croyais pas en mes chances. Je venais de perdre mon père après une année terrible. J'étais tellement paumé !
Avec le recul, j'ai pensé avoir eu peur de perdre quelqu'un que j'aime. C'est un moyen de défense. Vous savez, quand ça va mal je m'isole. Je reste seul, je ne veux voir personne. Ensuite, j'étais triste de la mort de mon père. Mais j'avais assez souffert avant sa mort. C'est vrai quand on n'y pense, c'est idiot de pleurer quelqu'un de mort parce qu'on ne peut rien y changer. Cependant on n'oublie pas ceux qui ont disparus. Ce que je veux dire c'est qu'inconsciemment, j'ai voulu fuir la mort, l'absence et la solitude pour l'amour. Et en fait, au lieu d'être triste pour mes parents, j'étais triste pour un amour impossible. C'est tellement contradictoire. Parce que je souffre de la mort de mes parents, j'aime et je ne peux pas aimer.
Pourtant, aujourd'hui ces explications ne me suffisent plus. Cet amour était réel, il était possible. Pourquoi n'aurai-je pas pu être heureux, ou du moins, "moins malheureux" ? Et surtout, ça n'explique pas pourquoi je suis toujours paumé. Bien sûr ça va mieux. Depuis deux ans, j'ai eu des périodes heureuses. Mais j'ai toujours ce mal être.

En fait, il n'y a pas que cette non-relation. C'est toute ma vie, et mon comportement en général qui pose problème.
Premièrement, j'ai toujours eu des difficultés à communiquer, à exprimer mes sentiments, mes émotions. C'est dans ma nature, et c'est lié à mon éducation. Ça remonte aussi loin que je me souvienne.
Deuxièmement, la mort de mes parents m'a beaucoup marqué. Je suis un homme blessé. Toute ma vie, j'angoisse sur l'avenir et je suis incapable de vivre une vie rationnelle d'adulte, incapable de m'investir dans quelque chose, de faire des projets, de m'organiser. Et finalement, je suis seul et j'ai peur devant ce que je ressens, ce que je fais, ce que je suis.

Par legoloum - Publié dans : Moi
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Jeudi 30 avril 2009


J'ai entendu cette chanson, et ça m'a rappelé l'époque et la fille dont je vous ai parlées dans l'article précédent. J'ai du mal à comprendre les paroles de cette chanson. A l'époque, seul la musique et le "always love" me touchait. Et je ne sais pas pourquoi, j'ai associé cette chanson à la fille dont j'étais amoureux. Je me sens bien en l'écoutant. 
C'est bien dommage que je n'aie alors pas cherché à comprendre les paroles. Cela parle de quelqu'un qui est passé à coté de l'essentiel. C'est aussi un message d'espoir et une vision du bonheur qui prône l'amour, la vertu et l'accomplissement de soi. C'est un message prêcher comme les évangiles.


To make a mountain of  (6)
your life, Is just a choice  (6)
But I never learned enough  (7)
To listen to the voice  (6)
that told me  (3)
Always love  (3)
Hate will get you, every time 
(7=4+3)
Always love  (3)
Don't wait til the finish line 
(7)

Slow demands come 'round  (5)
Squeeze the air, and keep the rest out (8=3+5)
It helps to write it down  (5)
Even when you then cross it out  (8)

But, Always Love  (4)
Hate will get you, every time  (7=4+3)
Always Love  (3)
Even when you wanna fight  (7)

Self-directed lives  (5)
I want to know,
what it'd be like to  (9=4+5)
Aim so high above  (5)
Any card, that you've been dealt, you... (7=2+5)

Always Love  (3)
Hate will get you, every time 
(7=4+3)
Always Love  (3)
Hate will get you... (4)
 
I've been held back by something  (7)
Yeah. (2)
You said to me quietly on the stairs,  (9)
I've been held back by something  (7)
Yeah. (2)
You said to me quietly on the stairs.  (9)
You said  (2)
Hey, you good ones. (4)
Hey, you good ones. (4)

To make a mountain of
your life, Is just a choice
But I never learned enough
To listen to the voice that told me...
Always love
hate will get you every time
Always love
hate will get you?

I've been held back by something
Yeah,
You said to me quietly on the stairs,
I've been held back by something
Yeah,
You said to me quietly on the stairs
You said..
Hey, you good ones
Hey, you good ones
Hey, you good ones
Une tentative de traduction et d'interprétation

Faire une montagne de votre vie,
est uniquement un choix.
Mais je n'ai jamais appris assez
à écouter la voix qui me disait :
Ne cessez pas d'aimer,
La haine te rattrapera à chaque fois.
Aimez toujours,
n'attends pas la ligne d'arrivée.

(Accomplir de "grandes choses"
n'est qu'un choix, pas un devoir.
Mais, je n'ai jamais compris que
l'essentiel est d'aimer les autres et ce qu'on fait.
Car sinon la haine nous rattrape
et car il faut vivre avant de mourir)


Lentement les exigences viennent.
Exprime l'air et empêche le reste d'entrer !
Ça t'aidera à l'écrire,
même si tu le rayes après.

(Il faut oublier ce qu'on nous demande de faire
Se concentrer sur l'essentiel
écrire sa vie, ses amours
même si on fait des erreurs)


...
Aime toujours,
même quand tu veux te battre.

Des vies dirigées par soi-même,
je veux savoir à quoi ça ressemblerait.
Un objectif hautement supérieur,
à n'importe quel carte qu'on t'a distribuée

(Je décide de diriger moi même de ma vie
Car c'est bien plus important que de faire
ce qu'on nous demande)


...

La haine te rattrapera...
J'ai été retenu par quelque chose,
Ouais,
tu me dis calmement dans les escaliers.
Tu dis :
hé, vous les bonnes personnes
.

(J'ai été retenu pendant mon ascension
par cette voix qui me disait
que nous sommes de bonnes personne -
sous entendu la haine nous avais rattrapé,
et je voulais être quelqu'un de bien)


Par legoloum - Publié dans : Moi
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